LA PROTECTION ET LA PROMOTION DU PATRIMOINE CULTUREL MÉTIS

LA PROTECTION ET LA PROMOTION DU PATRIMOINE CULTUREL MÉTIS

Messagepar admin » Sam 14 Avr 2012 01:17

LA PROTECTION ET LA PROMOTION DU PATRIMOINE CULTUREL MÉTIS


MÉMOIRE

"POLITIQUE CULTURELLE MÉTIS"

PRÉSENTÉ AU

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC

PAR


LA NATION MÉTIS AU QUÉBEC




JANVIER 1994






INTRODUCTION

LA Nation Métis au Québec est consciente de son lien à l'ensemble des Nations Autochtones dans la région du Québec avec tous ceux qui oeuvrent pour le bien commun et la protection du patrimoine culturel autochtone dans l'optique qui est la nôtre et qui relève essentiellement des besoins culturels impérieux identifiés par toutes les communautés autochtones du Québec et du Canada.

La Nation Métis envisage l'avenir culturel dans le respect de la tradition les valeurs et les coutumes Métis, et selon sa vocation historique d'appartenance qui forme la composante de l'origine et de l'identité nationale de la Nation Métis.

Notre contribution à cet effort à caractère international, comme Nation spécifique, est faite avec le soucis d'aider le gouvernement Québécois ou Fédéral à établir et respecter des relations culturelles avec les Nations autochtones basées sur la justice et l'équité, ou chacune des Nations Autochtones aura raison d'être légitimement fières d'élaborer leur vison culturelle distincte dans l'optique de leur identité nationale respective.

La sauvegarde de notre identité culturel exige que les gouvernements fassent preuve de réalisme en reconnaissant la culture Métis comme une dimension essentielle de la vie quotidienne de la population de la Nation Métis. En clair, cela ne veut pas dire que nous renonçons au concept de Nation autochtone distincte établie depuis la venue des européens sur l'Ile de la Tortue. La Nation Métis est aussi membre à part entière et fondateur du Québec qui signifient pour nous que le Québec est ce qu'il est aussi suite à l'existence d'une Nation francophone qui devra aussi parvenir à une maturité, qui a des besoins, des aspirations et des exigences aussi importantes que ceux des Nations Autochtones. Elle traduit une réalité qui relève de l'histoire des Nations Autochtones et des Québécois comme la vie quotidienne de la réalité du Québec.
En d'autres termes la Nation Métis sait qu'il est possible de vivre toute la journée en français ou en anglais, et presque possible de vivre toute la journée dans une langue autochtone, mais il est aussi possible de le faire dans plusieurs langues et cela non par ostracisme, mais simplement du fait que notre Nation est façonnée et entourée par plusieurs réalités, plusieurs langues et plusieurs cultures.

Cette mise au point nous apparaît nécessaire pour comprendre nos recommandations quant à l'avenir culturel de notre Nation et de nos communautés que nous desservons.

L'insistance sur notre identité culturelle vient du désir d'assumer nos responsabilités face à notre intérêt national et celle des Québécois qui exige, que dans la promotion de la culture autochtone au Québec, qu'il convient de tenir compte dans les critères et dans les priorités, de la présence des cultures autochtones qui sont à renforcer, à épanouir et à promouvoir, non pas à l'encontre de qui que ce soit, mais pour le bien de tous.

Pour ce qui concerne la Nation, deux erreurs doivent être évitées par le gouvernement du Québec et de tous les responsables de la promotion culturelle. La première erreur, qui consisterait à ne tenir compte que de l'importance du nombre de de la population de chacune des Nations Autochtones aux Québec ou dans une région donnée, dans les encouragements à apporter aux communautés des Nations Autochtones. Elle aurait comme résultat , l'éclosion de "majorité culturelle d'une Nation autochtone" artificiellement créée à côté duquel l'élément autochtone d'un autre Nation moins populeuse ferait figure de démuni, et apparaîtrait "culturellement sous développé".

A long terme, une telle erreur aurait des conséquences incalculables, et risquerait d'aller à l'encontre de cette harmonieuse identité dans la diversité autochtone tant rechercher par les Nations Autochtones et plonger les Autochtones dans une désintégration en "mirages culturels" dont la viabilité culturelle serait toujours incertaine.
La seconde erreur consisterait à élaborer des critères de promotion, sans tenir compte de la situation et de la vocation des Centres culturels aux services des communautés d'un bout à l'autre du Québec et de déséquilibrer la protection et la promotion culturelle par le favoritisme politique des fonctionnaires envers l'une ou l'autre des Nations Autochtones plus habiles dans la négociation.

Des critères uniformes doivent mener à la création de structures autochtones identiques à travers tout le Québec sous le contrôle des Autochtones et la supervision d'un Conseil internationale des Anciens et qui pourrait s'établir dans le partenariat avec le gouvernement Québécois, mais sous, à défaut de quoi, " l'élitisme" ou la vision des Québécois dans la façon qu'ils voient, qu'ils jugent ou qu'ils évaluent notre protection et notre promotion culturelle, prévaudrait sur la nôtre et risquerait d'accaparer l'avant scène. Cette vision des Québécois mènerait à décourager et à nuire à de nombreuses communautés ou Nations Autochtones, dans tout les aspects de leur vie culturelle et sociale.

Il convient donc, la raison et le bon sens l'exigent, de poser des gestes qui vont dans le sens d'un renforcement de l'unité et de la concorde entre toutes les Nations Autochtones qui résident sur le territoire de la province de Québec. Cette unité passe nécessairement par la préservation et l'épanouissement culturels de toutes les Nations Autochtones qui vivent présentement comme dans un milieu minoritaire non seulement sur leur territoires mais aussi au sein des ministères du gouvernement du Québec.

Il est de l'intérêt même de la mosaïque culturelle autochtone que ses fondations soient solides, dont celles-ci sont faites, pour une bonne part, du ciment de l'enseignement des Anciens, et qui donne les traits particuliers de notre visage que nous chérissons tous à notre manières. Le visage de la Nation Métis est notre visage et nous voulons acquérir et protéger les moyens de répondre aux exigences de notre présence, sur la scène communautaire, provinciale, nationale et internationale.
C'est pourquoi nous essayerons d'être clair et précis dans l'énoncé des buts que devraient viser la Nation Métis et qui se doit d'être respectée par le gouvernement provincial et fédéral, dans l'énoncé d'une politique culturelle et dans la promotion culturelle des Nations Autochtones dans l'énoncé des problèmes à résoudre, et des mesures à prendre pour y arriver.

LES BUTS

1.Notre mémoire vise à faire connaître au gouvernement du Québec les besoins des impérieux des Nations Autochtones, ses problèmes, ses difficultés et ses aspirations qui touchent la protection et la préservation de l'ensemble du patrimoine culturel des Nations Autochtones .

2.Nous tâcherons de donner par nos efforts une définition de ce que nous entendons par culture, afin de voir des efforts déployés pour le développement de la protection et de la promotion du patrimoine culturel de nos communautés et de nos Nations, selon la définition globale énoncée.

3.À suggérer les moyens et les mesures à prendre pour l'élaboration d'une politique culturelle autochtone efficace, propice au développement de la protection et de la promotion du patrimoine culturel autochtone et de nos nombreux talents locaux.

4.À rendre consciente, notre population de la nécessité de voir tout les niveaux des gouvernements Autochtones à collaborer avec leurs institutions ou organismes culturels pour l'application équitable d'une politique culturelle autochtone pour chacune des Nations et dont dépend leur propre identité culturelle.

5.À rendre conscients et à susciter l'intérêt du monde des affaires autochtones ou autres, pour la promotion des industries culturelles.

6.Dissiper les malentendus et s'engager résolument dans l'identification d'une vision plus optimiste de notre avenir ou tous les gouvernements, tout comme notre population, sont appelés à faire face à leurs responsabilités politiques et sociales avec tout ce qui touche le patrimoine culturel autochtone.

En conclusion, les buts de notre Mémoire s'adressent à tout ceux qui sont soucieux de l'avenir culturel des Nations Autochtones dans la province de Québec, comme ceux qui oeuvrent avec la Confédération des Centres éducatifs et culturels des Premières Nations, qui n'est et qui ne veut pas devenir un ghetto.

NOS NATIONS ET L'ENCOURAGEMENT CULTUREL

Nous ne voulons pas par ce Mémoire ressasser les griefs, mais suite aux recommandations des Anciens nous avons délibérément opté pour un ton conciliant, en dépit d'un passé, ou le combat pour notre survie culturelle est une réalité quotidienne, tant entre les Nations Autochtones que contre la Nation Québécoise ou Canadienne. Dans un concept d'une Confédération selon nos principes culturels qui nous ont été donné par le Créateur, chaque Nations qui la compose ne peut plus subir la loi du plus fort l'emporte, car chaque Nation Autochtone à une responsabilité confédérale envers chacunes des autres Nations Autochtones.

Néanmoins, des difficultés rencontrées au cours de notre histoire permettront de mieux saisir les problèmes auxquels nous faisons face aujourd'hui. Problèmes qu'il faut résoudre tous ensemble sous la directive des Anciens et dont dépend notre avenir culturel, c'est à dire notre avenir d'autochtone tout court.

La proposition d'une politique culturelle Québécoise a sans nul doute eu une impact positif sur l'état culturel de la Nation Québécoise. Elle a eu l'insigne mérite d'avoir été première grande tentative sérieuse pour bien briser la Muraille de Chine de l'incompréhension, et engager toute la population Québécoise à communiquer dans la noble entreprise de la mise en valeur des trésors que les potentialités gigantesques et les perspectives grandioses ouvraient aux Québécois.
Elle a rendu conscient, une grand nombre de leur originalité et elle a été à l'origine de la création de nombreuses institutions et d'organismes culturels dont on ne saurait méconnaître l'apport dans le développement d'une culture nationale typiquement Québécoise.

Mais nous les Nations Autochtones comment pouvons-nous nous faire valoir quand nous n'avons pas réussi encore à vous faire reconnaître notre apport à cette même société que vous dites Québécoise.

Cependant nous les Autochtones nous ne pouvons pas nous empêcher de nous poser la question; qu'avons nous obtenu au lendemain de l'approbation de cette politique québécoise en matière culturelle?

A regarder de prêt le bilan n'est pas très riche. Que de sacrifices pour aboutir à la tutelle des subventions du Secrétariat aux Affaires Autochtones ou de la Direction du Nord du Québec. Que de miettes de pain contrôlées par quelques fonctionnaires qui opèrent dans la déconcertation, le favoritisme voir même dans leur propre intérêt personnel ou à satisfaire leur propre besoin de recherche sur les autochtones, de publication ou de fouilles archéologiques. Ceci ne nous permet même pas d'achever un travail digne de promotion.

Ou sont nos Anciens, nos comités culturels, ceux qui oeuvres dans le domaine culturel, nos artistes, nos troupes de danses, salles de concert, nos Centres culturels, nos industries culturels, nos musées, nos Centres archivistiques, nos Centres d'interprétation, ou est passé la masse de bonne volonté de promouvoir la culture autochtone au Québec sans être soumis à une emprise et une étiquette québécoise de fonctionnarisme. Par quel malheureux hasard les fonctionnaires culturels Québécois nous ont-ils évités lors de leurs passages dans nos communautés sauf pour puiser dans notre patrimoine culturel et aboutir à des oeuvres d'interprétation de nos cultures.
Ont-il peur de nous, nous prennent-ils pour des belliqueux? Que fait-on pour tous les groupes culturels autochtones au Québec? Qu'a t'on fait de nos recommandations dans le passé concernant que nous voulons prendre en main le développement de notre protection et de notre promotion culturelle si ce n'est que nous devons maintenant faire face à l'agenda des fonctionnaires qui n'ont réussi qu'a tout rendre élitiste afin de satisfaire la bourgeoisie du Québec et de maintenir l'aspect nostalgique dans la façon que les Québécois nous perçoivent comme faiseur de raquettes ou d'artisanat.

Devons-nous nous excuser d'avoir à rappeler tout cela, mais la répétition ne lasse jamais les esprits de nos ancêtres au royaume de la vérité. Si nous avons survécu jusqu'ici à l'aide de miettes et d'un financement dictés et contrôlés par les fonctionnaires, c'est grâce à notre détermination et de notre volonté de vivre et de faire vire nos cultures à notre manière.

Nous ne voudrions pas, si un moment ou tous les espoirs sont mis dans notre initiative, élaborer une politique culturelle autochtone, voir nos recommandations aller s'ajouter aux autres mémoires et feuilles d'archives de nos déceptions et de nos amertumes, qualifiées de litanies non réalistes.

La mise en relief de la situation passée qui n'est pas encore dépassée, permet d'éclairer la situation présente et ainsi davantage, guider une politique culturelle autochtone soucieuse de rattraper le retard, de corriger les erreurs, et de mieux comprendre la manière dont nous entendons promouvoir nos cultures au sein de nos communautés Autochtones au Québec.

NOS CULTURES ET NOS PRINCIPES

Nous devons d'abord dire que nos cultures sont sous la protection de nos Anciens et que nous devons toujours les consulter pour nous dicter notre travail de promotion et de préservation. Un Ancien très âgé nous a dit, il y a longtemps, il savait ce que le mot culture signifiait, aujourd'hui il renonce à le savoir. Finalement, il nous répond maintenant que notre culture, "c'est notre manière de vivre". Cette manière de vivre se fait en Cris, en Montagnais, en Algonquin, en Huron, en Attikamekq, en Naskapis, en Mohawk, en Abénaki, en Micmac, en Malécite, en Métis en Français et en Anglais et voudrait se faire tout au long de la journée, et nos rêves même se veulent d'expression de notre choix national. De nos foyers ou hors de nos foyer, nous voulons vivre nos complexes cultures. Nous avons des valeurs et nous entendons de les garder. Nous aimons la danse traditionnelle, la jique, et la musique populaire, nous aimons la viande de bois et le McDonald, nous aimons la chasse et la trappe, mais nous aimons aussi la haute technologie. Nous aimons les blancs, les noirs, les jaunes et les autochtones nous aimons toute la population de toutes les Nations du monde.

Le foyer et la communauté nous font comprendre, sans qu'il est besoin d'expliquer davantage, que pour nous les Autochtones, la culture est ce que nous sommes, complexité et diversité.

Cette définition a pour elle, par contre, de nous unir et de sauvegarder notre identité car elle permet de mettre en évidence l'originalité de nos Nations, de nos communautés, de nos cultures, tout en les maintenant dans cet élan qui fait que nos Anciens, les plantes et les animaux notre environnement, nos artisans, nos poètes, nos écrivains,nos philosophes, nos scientistes, nos grand pères et grand mères, nos mères et nos pères, nos enfants, le milieu des affaires, le milieu culturel, nos politiciens et nos rêveurs se retrouvent tous solidaires à la définition de notre culture, de nos Nations, devant une oeuvre à accomplir.
Nous devons tous nous reconnaître comme frères et comme soeurs, ou reflètent nos aspirations les plus hautes, et nos besoins les plus humbles. Ainsi se découvrent pour nous dans leurs importances et dans leurs vocations essentielles au sein de notre devenir, les Anciens, la famille, l'école, la communauté et les valeurs qu'ils incarnent.

LES ANCIENS

Les Anciens sont notre première institution culturelle après le Créateur, ils sont les piliers de nos cultures. Ils sont nos archives vivantes, nos dirigeants, nos scientistes, nos philosophes et nos poètes à la base de notre identité. Ils sont notre passé notre présent et notre avenir.

LA FAMILLE

La famille est évidemment le berceau ou sont enracinées, dès la première enfance, les valeurs auxquelles adhèrent nos Nations et par lesquelles elles se distinguent et s'identifient à la fois aux autres Nations. L'avenir, le respect, le partage, l'entraide, la solitude, le sens de la sécurité, l'émerveillement devant le beau, le sens de l'identité, enfin tout ce qui est requis pour faire ce que nous sommes.

La famille est déjà la seule de nos institutions ou le sens de la sécurité et de la liberté est garanti par ce lien d'appartenance à un groupe culturel qui reconnait que son bonheur est aussi important que celui des autres.

C'est là une caractéristique fondamentale à laquelle nous tenons encore à l'instar de la non reconnaissance totale et fondamentale de nos cultures. Cependant, que fait t-on pour aider la famille autochtone à s'épanouir? Tous le moyens sont utilisés pour son démembrement. Ou C'est là une attaque directe à nos valeurs, à nos traditions et à nos coutumes.

La télévision, loin d'être un instrument d'éducation qui complète ou appuie l'éducation familiale autochtone, vient heurter de front le sens même de son existence. Elle s'acharne à arracher prématurément l'enfant autochtone à son environnement naturel et culturel.
Tout le génie inventif de la technique est mis au service de l'assimilation précoce de l'enfant à une société de consommation, créatrice de besoins strictement matériels qui ravalent l'être humain presqu'au rang de la bête. Par contre, nos attentes de radio et de télévisions et de la communication sont infinis.

Nos cultures sont basées sur les valeurs familiales et communautaires. Nos familles ne sont pas cette "cellule bourgeoise individuelle" promus par une vision de fonctionnarisme. Elle n'est pas comme le veulent les promoteurs d'un milieu humain artificiel, l'obstacle dont il faut triompher au nom du progrès de la matière et de ses sous-produits comme un barrage électrique. Bien au contraire, elle est pour nous, le monde naturel d'intégration de la personne humaine. Par contre, il faudrait que les parents autochtones soient convaincus, mais qu'avons nous à leur offrir?

Nous voulons que tous les gouvernements incluant les gouvernements Autochtones considèrent comme leur devoir, d'aider la famille à développer harmonieusement les aptitudes, les talents et les capacités de chacun selon nos valeurs et nos coutumes, et non pas qu'ils considèrent chaque individu, de l'enfance à l'age adulte, comme devant entrer dans un moule préalablement choisi avec soin, par les tenant de l'étique dominante et dans la promotion matérialiste contradictoire à notre identité culturelle.

L'ÉCOLE, NOS LANGUES ET NOS CULTURES

L'école pour nous doit être la transition où nos enfants s'ouvrent au monde autochtone, sans rupture ni déchirement, sans déracinement de l'humus familiale, des Anciens et de nos clans, ce qui n'est guère le cas actuellement.

L'école, loin de répondre aux aspirations des familles et de continuer leurs efforts, apparait comme le lieu privilégié de l'assimilation, en dépit des effort que nous avons entrepris récemment.
Nos programmes scolaires qui sont offerts à nos jeunes semblent vouloir la substitution de l'école à nos façons coutumières familiales et ancestrales. On défait pour refaire dans une traduction linguistique une applique de d'autres cultures et de leurs méthodologies à nos enfants. On s'acharne à transplanter, greffer, traduire, mélanger, pour n'aboutir finalement, qu'à désorienter et à gaspiller notre développement culturel et de combien de nos talents et de nos jeunes. On s'acharne à nous donner une vision de nous-mêmes dans un contexte folklorique de la façon dont les autres nous perçoivent et l'on fini par croire et appliquer cette contradiction comme la nôtre.

Même nos groupes culturels et les dirigeants de nos Nations, dans le désir de préserver une tradition et une étiquette autochtone se font prendre au piège car personne ne consulte adéquatement ou écoute les Anciens. Nos universitaires deviennent avec cette nouvelle éducation de d'autres, les nouveaux piliers de nos cultures, ces mêmes qui bien souvent n'ont jamais appris, discréditent ou rejettent l'enseignement des Anciens.

Nos jeunes affrontes le doute mais n'en triomphent pas. L'incertitude règne peu à peu dans leur l'esprit. Ce soi-disant progrès de la pensée libre de l'Autochtone se confond peu à peu avec l'absence de la pensée et de la direction des Anciens.

L'usage de textes démontrant l'aspect contradictoire de son vécu autochtone est complètement vide sans un vrai contenu culturel puisé de son quotidien. Cette situation de vivre toujours en contradiction avec sa culture et son identité ne peut que mener à l'échec de la formation de l'esprit de nos jeunes autochtones et ainsi ne réussir qu'à le dévaloriser et d'abandonner sa culture.

Si nous voulons dire que nos cultures sont autochtones, dans la mesure ou elle véhicule cette manière de vivre et de penser, elle devra être maintenu et développer avec le passé, le présent et l'avenir qui est typique du génie et de l'esprit autochtone.
Que si on vide notre quotidien de cette façon de penser et de sentir que notre culture ne nous appartient plus en propre, alors nos cultures cessent d'être les nôtres car elles ne sont plus habitées par des valeurs propres à l'âme et l'esprit des Nations Autochtones qui sont protégées et sauvegardées par les Anciens et le monde des Esprits.

Nous ne disons pas ça au nom d'un purisme ethnocentrisme ou élitiste à notre façon, mais au nom de nos cultures elles-mêmes, car elles sont plus que des langues autochtones. Nous ne voulons pas hypothéquer la culture de nos Nations pour aboutir à la défense d'une culture et d'une langue vidées de tout le contenu de notre âme, du mode et du sens de notre vie quotidienne.

La langue chez nos Nations est un milieu essentiel adapté à un message mais sans jamais se confondre avec lui. Nos cultures comprennent plusieurs langues et dialectes ce qui les rendent complexes et intéressantes, mais qui semble incompréhensible et identifiable par plusieurs sociologues, ethnologues, politiciens ou historiens.

Toute conversion forcée ne peut se faire sans dommage. L'affaiblissent de nos valeurs familiales, communautaires et nationales est une attaque directe au caractère autochtone de nos Nations.

Forcés que nous ayons à défendre nos droits et à passer le plus clair de notre temps à essayer de nous faire "un coin de pays matériel" un territoire exclusif colmotant les brèches partout, au lieu de progresser à notre rythme, nous avons vu le temps passer si vite que ce que nous avons obtenu, est soit désuet, soit inadapté et les remèdes législatifs font figures de diachylons.

Il est donc temps qu'on comprenne que pour nous, la culture est essentiellement familiale et communautaire, que la culture et l'éducation sont indissolublement liées. Que ce que nous espérons et nous ne saurions trop insister là-dessus, c'est la considération à donner à nos communautés et à leur plein développement.
Pour cela, il est absolument indispensable que les gouvernements s'entendent et conjointement arrivent à une politique de promotion culturelle applicable équitablement pour chacune des Nations Autochtones au Québec.

Nous espérons que les recommandations qui suivent puissent être entendues, et servir mieux à l'épanouissement culturel, pour le plus grand intérêt de la population de nos Nations et de leurs communautés.

LES RECOMMANDATIONS

INTRODUCTION

Les recommandations proposées par le Chapitre au Québec de la Confédération des Centres éducatifs et culturels des Premières Nations doivent être comprises dans leurs contextes car elles expriment les aspirations de la population de nos Nations et de leurs communautés selon les recommandations exprimées par les Anciens et notre désir de participer pleinement et à part entière dans le développement culturel de nos Nations.

Les Nations refusent d'être réduites à la seule expression, et la plus simpliste, celle d'une communauté de nombres. Il y a longtemps que nous avons cessé de croire aux raisonnement fallacieux masqués par la mythologie statistique, et par la vertu magique des chiffres, nous préférons le dialogue dans une communauté de personnes. C'est dans l'espoir, que ce dialogue sera authentique et que l'écoute comme la parole puissent trouver leur vocation première qui est de nous plonger au coeur de la vérité, pour faire renaître l'avenir rajeuni de nos Nations que nous recommandons ce qui suit.

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

1.Qu'une politique culturelle provinciale visant spécifiquement la promotion culturelle des communautés et des Nations Autochtones soit établie.

2. Que cette politique soit élaborée avec le concours et la participation des Nations Autochtones au Québec et de leurs représentants culturels.

3.Qu'une telle politique tienne compte dans les critères d'attributions financières, des conditions équitables entre chacune des Nations.
4.Que cette politique soit amplement diffusée pour éviter les retards dans les initiatives à prendre , afin que nous sachions à qui nous adresser pour atteindre nos objectifs.

5.Que le gouvernement provincial du Québec et celui du fédéral diffusent et vulgarisent les politiques et les fonctions de chacun de ses ministères ou organismes concernés et les attentes qu'ils nourrissent à l'endroit des Nations Autochtones.

6.Qu'on encourage notre population en ayant à l'esprit que notre culture se veut communautaire, et non pas élitiste: ce qui ne signifie nullement le mépris de la qualité, mais le désir de donner à tous et chacun leur chance.

Certain de nos artistes autochtones ont été forcés de demeurer dans le passé, dans le domaine de l'amateurisme, en raison de critères établis pour la promotion culturelle à l'échelle nationale et, qui ne tenait pas suffisamment compte que dans nos communautés nous n'avions ni les moyens ni les structures pour répondre aux exigences d'une telle politique et d'en faire bénéficier nos Anciens, nos éducateurs , nos travailleurs, nos talents et notre jeunesse à des moments critiques.

7.Qu'un appui suffisant soit donné aux organismes et aux institutions culturelles provinciaux pour consolider et développer une structure, et qu'au besoin, ces même organismes et institutions mettent en place des structures qui répondent aux nécessités actuelles et à venir, en matière culturelle.

Ces organismes ou institutions culturelles sont à même, de tenir compte de nos valeurs et de nos traditions familiales et communautaires. La promotion de notre culture est leur tâche première.
Cependant, pour les rendre plus efficaces, il convient de tenir compte de tout ce dont ils ont besoin dans le domaine de la consolidation, de l'épanouissement et de la promotion de la culture communautaire.

C'est pourquoi, nous allons maintenant considérer chacun des aspects majeurs de nos cultures avec les recommandations qui s'en dégagent spécifiquement.

RECOMMANDATIONS SPÉCIFIQUES

1.ÉDUCATION

Ici, plus que nulle part, la collaboration entre le gouvernement fédéral et provincial, s'avère d'une nécessité vitale pour nous. On ne saurait trop insister sur l'impossibilité de dissocier éducation et culture dans notre contexte. La responsabilité des gouvernements dans ce domaine ne saurait être ignorée, et la manière dont ils interviendront en concertation sera déterminante pour notre avenir culturel.

En effet, l'usage de no langues autochtones est de fait, rendu si difficile et souvent presque impossible dans de si nombreuses sphères de notre vie quotidienne, que l'autochtone, en tant que tel, constate que l'accès à la rue même lui est en somme interdit. Rien ne sert de soulever les raisons de la Loi 101 au Québec afin d'assurer aux Québécois leur survie culturelle et linguistique.

Ce n'est guère là exagération, comme chacun sait. If faut remarquer que tout autour de nous, on parle des langues et on vit des cultures autres que les nôtres.

Les étalages parlent en anglais et français, les mass média règnent et rayonnent en anglais et français, les spectacles et les loisirs abondent en anglais et français et leur contenu est souvent signé "Made is USA". Les services à tous les niveaux exigent la connaissance de l'anglais et du français.

Que reste-t-il aux autochtones comme espace culturel? Il lui reste une famille envahie par un petit écran fascinant où tous les boutons, sauf quelques programmes dans le Nord du Québec, lui disent que tout ce qu'il y a d'intéressant et de moins intéressant dans la vie, doit se faire dans une autre culture, une autre langue.

Il lui reste une école où il ne comprend pas pourquoi quelques professeurs s'acharnent à lui dire d'apprendre sa langue maternelle alors que la vie lui parle en langue anglaise ou française.
Il lui reste des Centres culturels ou il y a certes des choses parfois intéressantes, des activités enrichissantes, mais pas trop souvent, des ateliers passionnants mais que ne durent pas longtemps.

Il lui reste sa communauté physique ou on lui parle un peu comme dans la famille, d'amour, de charité et de justice, mais il comprend pas car au dehors, on lui dit que le salut passe par l'économie seule.

Il lui reste l'université mais elle n'a pas encore été développée. Il lui reste les Centres culturels mais ils n'ont pas tout encore été développés.

Certains des nôtres se résignent, s'habituent graduellement, s'assimilent en passant d'une déculturation forcée à une acculturation subie qui n'est pas sans dommage pour l'individu, la famille, comme pour la communauté et la Nation.

Il convient donc de compenser l'exiguïté de l'espace culturel fait de ces "Îlots" que sont la famille, l'école, l'université et les Centres culturels, les mass média autochtones, par une intense activité, leur permettant de poursuivre chacun leur vocation première, et de faire en sorte, qu'il soit les lieux privilégiés où s'épanouit la culture autochtone.

Ainsi, l'école autochtone, pour satisfaire ses besoins d'Autochtone, ne peut pas être conçue sur le même modèle d'une autre culture. Ce qui veut dire qu'il faut davantage de ressources matérielles en plus des sacrifices et du bénévolat auxquels les Nations Autochtones ont été habituées pour survivre et dont témoigne toutes leurs traditions.

C'est pourquoi nous recommandons:

1.Que la priorité soit donnée au financement à l'enseignement dans les langues autochtones, et comme première langue sur l'enseignement des autres langues tel le français ou l'anglais comme langue seconde, et que les deux enseignements relèvent d'une même structure.
Nous sommes conscients que cette première recommandation est de compétence nationale, certes pour les Nations Autochtones, mais le fédérale ne saurait rester sans agir dans ce domaine, au nom de la promotion culturelle des Centres culturels qui forment notre Confédération.

La priorité des langues autochtones comme première langue se justifie pour toutes les raisons déjà énoncées. Dans le cadre culturel, parler une langue autochtone ne suffit pas. Seules les langues autochtones comme langues premières, peuvent promouvoir la culture autochtone car à elles seules permettent la création d'oeuvres qui expriment le génie de la population de nos communautés.

La priorité, donnée actuellement aux langues autochtones parlées, est une mesure d'urgence pour contre balancer l'assimilation, et essayer d'en stopper les ravages, mais elle ne permet aucun épanouissement sur le plan de la pensée créative totale.

2.Que les gouvernements encouragent le financement de nos institutions culturelles et de nos Nations pour qu'elles puissent accorder plus d'importance à l'enseignement humaniste traditionnel et coutumier et aux disciplines artistiques.

Il est, pour le moins incompréhensible, de voir les jeunes autochtones confinés a choisir uniquement des matières en rapport avec le domaine économique alors que les arts, la spiritualité et la philosophie autochtones, par exemple, ne figurent pas dans la promotion et l'appui des regroupements politiques autochtones. Il est du devoir du gouvernement et des regroupements politiques, d'éveiller chez les jeunes l'attrait du beau, et de développer en eux, l'esprit critique et l'amour de la vérité et de l'authenticité.

Un budget spécial à cet effet permettrait une économie considérable dans la mesure où il canaliserait les énergies de la jeunesse vers des chemins dignes d'elles.

Les dépenses pour la prévention du crime et de la délinquance juvénile seraient considérablement réduites, sans compter les bienfaits que les Nations autochtones retireraient d'une saine éducation humaniste, véritable ferment pour la culture autochtone de demain.

3.Que les gouvernements Autochtones et Québécois songent à une université autochtone pour la province de Québec, et qu'une telle université ait les octrois adéquats, non point selon les mêmes critères que les universités francophones et anglophones du Québec, mais en fonction d'un statut spécial qui permettrait à cette institution de répondre, à la fois aux aspirations des communautés autochtones et aux exigences universitaires du pays.

Cette recommandation paraît peut-être ambitieuse, mais en réalité, les structures actuelles pourraient être développées et permettre la réalisation de cette université.

Elle dispenserait des cours qui ne figurent pas actuellement sur aucun calendrier universitaire du Québec. Il y aurait ouverture de plusieurs autres facultés, comme par exemple, une école de langues autochtones, la philosophie, la spirtualité, les sciences autochtones, l'accès à divers emplois sur le plan communautaire, national et international.

Les dommages qu'ont subi les cultures autochtones jusqu'ici pourraient avoir quelques chances d'être enrayés avec le temps si on répare les injustices passées. Que là aussi on encourage l'enseignement humaniste et artistique qui est encore trop négligé par suite d'une politique trop axée sure la consommation de bien matériel.

L'équilibre devrait être rétabli par une campagne gouvernementale par les Nations et les représentants culturels et éducatifs autochtones au Québec, destiné à éveiller l'esprit des Nations Autochtones et à traduire dans les faits, l'importance qu'elle doit attribuer aux arts, aux lettres et aux sciences humaines dans un contexte autochtone.
4.Que l'enseignement des métiers et professions soit développé pour traduire dans les faits la promotion et l'usage des langues autochtones dans la vie courante. Tous les corps de métiers et professions en milieu communautaire devraient y figurer.

Les services actuels de la main-d'oeuvre en langues autochtones sont si négligeables que parler de la dimension autochtone du pays fait sourire bien des gouvernement. Il est temps pour les gouvernements de montrer leur bonne volonté à l'endroit de toutes les couches de la population et de tous les citoyen autochtones.

La condition économique des autochtones est si désastreuse que nous nous plaçons au dernier rang de la population. Par contre, notre taux de natalité est le plus haut du pays.

Les familles sont de plus en plus nombreuses sans que la qualité de vie augmente en conséquence. L'augmentation de nos familles à une signification dangereuse pour nos communautés et est constamment menacée par l'assimilation et la rareté des emplois pour les autochtones.

D'où l'urgence de développer l'enseignement des métiers et professions qui étendrait l'usage des langues autochtones dans tout le domaine de notre vie sociale et non pas seulement dans l'enseignement et la traduction.

5.Que les institutions culturelles et les politiciens autochtones encouragent nos familles à donner à leurs enfants une éducation culturelle et artistique.

6.Que les livres autochtones ou sur les autochtones cessent d'être un objet de luxe et deviennent abordables. Que les Nations et les dirigeants politiques autochtones, là où c'est possible, établissent une politique de promotions du livre autochtone. L'apparition et l'augmentation de bibliothèques autochtones ambulantes ou de librairies dans nos communautés seraient un pas très appréciable à faire.
7.Que le gouvernement encourages les éditeurs ou ceux qui désirent devenir éditeurs, par des mesure fiscales ou autres, adéquates. Que la aussi l'édition soit considérée en fonction de notre milieu communautaire. Il y a eu ces dernières années, un effort assez visible et un épanouissement certain dans le milieu littéraire. Cet effort mérite d'être poursuivi.

Beaucoup d'oeuvres autochtones attendent encore leur public à cause de l'insuffisance des ressources et du marché. Ces oeuvres dorment dans des cartons que la poussière range.

8.Qu'un conseil provincial de la recherche autochtone par des autochtones soit formé et qu'il ait des octrois en ce sens. Rien n'a encore été vraiment écrit sur les Autochtones par des Autochtones.

Des trésors sont encore à découvrir partout dans les humbles communautés Autochtones. Une tradition orale que mérite d'être connue de l'humanité entière est en train de disparaître sans que rien ne se fasse pour en préserver les traces.

Arrêtons le gaspillage du talent et arrachons à l'oubli ce qu'a fait la fierté des Nations Autochtones au Québec. L'humilité de nos Anciens de notre population de nos artistes, de nos philosophes, et de nos créateurs a été payée par une ingrate indifférence par leur exploitation qui les poussent très souvent au suicide culturel.

La préservation de nos terres, de notre faune et de notre flore a davantage mobilisé les énergies des gouvernements autochtones, des politiciens autochtones, que celle de notre patrimoine humain et culturel conservé au fond de la mémoire de nos Anciens.

9.Que les Associations autochtones, les gouvernements, out tout autre organisme responsable et les volontaires intéressés donnent à la tradition orale autochtone toute l'attention qu'elle mérite.
C'est elle qui souvent éclaire l'humour où a grandi nos Nations Autochtones. Notre culture est présente dans la mémoire de nos grands-parents. Des fonds de recherche à cet effet permettraient aux générations passées d'éclairer la route des générations de l'avenir.

En conclusion de cette section, nous devons tous vous rappeler que si l'éducation est le développement progressif des facultés physiques et intellectuelles de l'individu, la culture est l'éveil de l'intelligence à travers le développement des lettres, des arts, des humanités, des sciences et de notre tradition orale, et qu'à ce titre, on ne saurait concevoir leur divorce. Et donc, la division des tâches et des responsabilités des politiciens autochtones ne doit pas faire oublier l'unité du but, qui est de faire des individus sains dans une Nation saine et c'est là, la tâche première de leur lobbying avec les gouvernements.

DÉVELOPPEMENT DES STRUCTURES NOUVELLES

L'épanouissement culturel exige une éducation culturelle, spirituelle, artistique et artisanale qui appelle la création de structures nouvelles.

Tout comme le Chapitre au Québec de la Confédération des Centres éducatifs et culturels des Premières Nations, nos Anciens, nos dirigeants politiques, nos artistes, nos artisans, quelle que soit leur discipline, sentent que le temps est venu de coordonner les efforts, d'harmoniser les relations entre le public et les créateurs, de manière plus efficace, et de promouvoir la communication entre les autochtones de différentes Nations. Si la solitude féconde l'esprit créateur, l'isolement, par contre, le rend stérile.

C'est pourquoi nous proposons:

1.La création d'un bureau de promotion et de diffusion de la culture autochtone par lequel toutes les Nations Autochtones, incluant la Nation Métis y figurent, rattaché au ministère des Affaires Culturelles du Québec et que le gouvernement provincial agissent de concert avec les Centres éducatifs et culturels ainsi que toutes autres institutions culturelles autochtones au Québec pour l'établissement d'un tel bureau.Un tel bureau serait une véritable banque d'information et de coordination pour les activités culturelles de toutes nos communautés.

2.Que des subsides importants soient octroyés pour la création et la protection des Centres éducatifs et culturels aux Nations Autochtones du Québec, incluant la Nation Métis, pour dispenser sur une base permanente l'enseignement de disciplines artistiques qui ne figure pas dans les écoles de la province de Québec, discipline telles la musique, la peinture, le dessin, la danse, galerie d'art, théâtre, la science spirituelle, etc. Afin de permettre un plus grand rayonnement communautaire des Nations impliquées.

3.Que l'artisanat autochtone soit encouragé et que dans tous les communautés soient embauchées des artisans de métier que initieraient les jeunes aux travaux de différents matériaux: poterie, céramique, bois, cuir, tissage, etc.
4.Que des groupes artistiques soient formés et puissent avoir le soutien du gouvernement pour permettre aux artistes amateurs de participer à des manifestations artistiques communautaires, provinciales, nationales et internationales.

5.Que dans la création de troupes artistiques, à l'échelle provinciale, on établisses une politique qui permettra à nos artistes autochtones d'arriver sur la scène nationale, sans avoir à rencontrer, comme c'est le cas, plus de difficultés que leurs camarades des peuples non autochtones plus favorisés.

6.Que le gouvernement accepte et encouragent la mise sur pied d'un Conseil des arts et de la culture autochtone au Québec par les organismes culturels autochtones. Qu'un tel Conseil traite directement avec le Conseil des arts du fédéral ou du provincial et soit habile à dresser les critères pour fin d'octroi.

7.Que les manifestations culturelles existantes puissent bénéficier de subsides et de publicité qui les fassent connaître, non seulement à travers la province par l'entremise de nos communautés autochtones, mais à travers tout le pays. Nous songeons à des festivals théâtre jeunesse, festival de la chanson, colloque artistique, pièce de théâtre, concert, etc...

8.Qu'une école provinciale des arts dramatiques soit érigée à l'intérieur de structures déjà existantes dans ce domaine, afin de maintenir dans la province les jeunes comédiens et techniciens autochtones tout en leur permettant une formation adéquate et le plein épanouissement de leurs talents.

Une telle école permettrait l'interrogation des jeunes de différentes communautés autochtones. Il n'existe, à l'heure actuelle, aucun centre pour la formation de comédiens et de techniciens autochtones.

Cette école est donc une nécessité pour l'épanouissement des jeunes artistes dans leur milieu avant de pouvoir entrer dans le domaine de la compétition nationale et internationale.

A PRÉSERVATION DU PATRIMOINE

S'il est vrai que l'on reconnaît l'arbre à ses fruits, il est encore plus vrai qu'il ne peut y avoir d'arbres sans racine. Et si l'histoire peut être d'un secours quelconque, c'est bien celui de nous éveiller à la dimension des racine temporelles.

Les archive et les musées sont un patrimoine précieux, non seulement pour nos communautés, mais pour celles qui sont communautaires et nationales, et qui sont dans un état tel que les gouvernements Autochtones, quels qu'ils soient ne pourraient exprimer sans gêne et sans culpabilité que tout est à faire dans ce sens. Il faut donc prendre action, et avec le plus grand sérieux des recommandations suivantes:

Les Archives

1.Que les archive publiques autochtones récentes ou anciennes ou sur les autochtones soient gérées par des autochtones.

2.Que des postes d'archivistes autochtones soient ouverts dans les régions là où se retrouvent les bureaux d'archives publiques et que le gouvernement responsable s'assure d'un programme de formation adéquate.

3.Que les archives publiques du Québec mettent autant d'importance dans la diffusion de services techniques aux communautés, qu'elles en mettent à la collecte dans les communautés autochtones. Actuellement, on s'affaire a ramasser tout ce qu'on peut dans les communautés autochtones sans en faire la distribution ou la compilation , par contre, on les laissent les mains vides et sans ressources professionnelles.

4.Que les archives publiques anciennes ou récentes des Autochtones au Québec aient des priorités provinciales, nationales et communautaires.
5.Que l'on assure qu'il y ait des fonds disponibles afin d'assurer la ventilation et la coordination des archives autochtones ou sur les autochtones.

Les Musées

1.Que les musées Canadiens et Québécois mettent en vigueur la promotion de musées nationaux et communautaires autochtones gérées par des Autochtones pour la préservation et de l'interprétation de leur patrimoine culturel.

2.Que les musées Canadiens et Québécois diffusent leurs services techniques et leurs services de consultation pour permettre aux Nations Autochtones de former leurs propres experts et de créer leur propres musées.

3.Que les musées Canadiens et Québécois assurent les fonds nécessaires pour permettre un travail de base de catalogage, de documentation et d'administration des collections privées ou publiques sur les Autochtones.

4.Que les musées Canadiens et Québécois diffusent des programmes de formation muséologique pour les Autochtones.

5.Qu'un groupe consultatif, composé d'Anciens examine la présente situation du patrimoine archivistique et du patrimoine muséologique qui existe actuellement à l'échelle provinciale en vue d'y apporter des recommandations plus précises sur l'appartenance et la valeur spirituelle des objets.

PARCS QUÉBEC - PARCS CANADA

1.Que les Autochtones participent dans la protection, la restauration et la préservation des objets ou sites sacrés.

2.Qu'ils s'occupent de rapatrier les artefacts autochtones vers les Nations Autochtones au Québec par l'entremise des communautés culturelles qui les composent.
3.Que les ministères concernés fassent d'avantage connaître leurs études archéologiques, historiques sur les autochtones aux autochtones du Québec par l'entremise des Centres culturels des Premières Nations.

4.Que les fouilles historiques et archéologiques sur le patrimoine autochtone soient approuvées par les Nations , et que les objets retrouvés lors des fouilles soit mis sous la surveillance des Anciens.


Radio Québec et autres

Qu'une plus grande programmation soit mise à la disposition des autochtones et que l'on assure aux autochtones le contrôle et la révision de toutes les productions pour l'écoute des Autochtones.

Le folklore

Nous entendons ici par folklore, la définition qu'en donne la petit Robert à savoir: "la science des traditions, des usagers et de l'art populaire d'une Nation d'un pays". Le folklore autochtone, si riche et si émouvant, n'a pas encore eu toute l'attention et la considération qu'il mérite. Un vague récente, fait même du mot folklore, le synonyme de superficiel. Ce néologisme malheureux ne peut pourtant cacher la valeur des chants et danses spirituelles autochtones.

La danse et les troupes de danse

L'Autochtone parle non seulement au moyen de mots, mais aussi au moyen de gestes. Sous toute ses formes traditionnelles ou contemporaines, la danse est à encourager. Nos Nations peuvent bien être conçu sans l'écriture romaine , mais on ne peut concevoir une Nation Autochtone sans danse et sans chant. C'est pourquoi dans ce domaine qui fait vibrer les Nations Autochtones à l'unisson et les rapprochent les uns des autres, il faudrait tenir compte des recommandations émises par les communautés autochtones et d'en faire un réalité dans chacune de nos communautés.
1.Encourager et promouvoir toutes les formes de danses autochtones au Québec

2.Favoriser le développement traditionnel et contemporain de cette forme d'art expressif.

3.Favoriser l'accès du public autochtone à la danse,

Les troupes de danse et de théâtre formées, ou en voie de formation, méritent un appui et une reconnaissance à la mesure des sacrifices et de la détermination dont elles on fait preuve tout au long de leur existence. Surtout si l'on tient compte du fait que les compagnies de danse et de théâtre autochtones sont d'une grande fragilité, la moindre perturbation d'ordre artistique, administratif ou financier peut porter atteinte à leur santé et à leur bien-être.

Notre publique autochtone montre un intérêt de plus en plus grand pour cette forme d'art qui est aussi une source spirituelle de créativité entre les Anciens et notre jeunesse autochtone.

If faudrait donc que:

1.Le gouvernement subventionne toutes les formes de danses.

2.L'on encourage les troupes de danse ainsi que les troupes de théâtre autochtones.


Le chant et les mass média

La joie comme la tristesse, la frénésie comme le recueillement, on pour s'exprimer, besoin de voix qui sont la source de l'âme de nos communautés autochtones.

En matière de politiques culturelles, le besoins de nos communautés en matière de chant considèrent:
1.Qu'une station de radio et télévision autochtone soit mise en place à la grandeur de la province de Québec permettant ainsi un priorité d'antenne plutôt que d'être à l'écoute perpétuelle d'un réseau national ou provincial où nous faisons que de rares apparitions où l'on nous projettent comme des puristes de la nature d'une nostalgie d'un temps passé.

2.Que le gouvernement du Québec encourage le disque autochtone, car là aussi, tout comme le livre, il y a des potentialités qui, avec un peu d'aide, feraient l'étonnement et l'émerveillement de bien des oreilles à travers le Québec et le pays.

LES ANCIENS

Il serait, pour le moins judicieux, de songer à développer à l'intérieur de nos communautés autochtones des structures où puisse continuer d'être présent et active cette mémoire vivante de notre passé. Que l'on ouvre à nos Anciens les avenues d'un épanouissement en conformité avec leurs enseignements leurs connaissances et leurs talents, leurs goûts et leurs âges. A ce titre, que dans toutes nos activités publiques dans nos foyers familiales, on fasse appel à nos Anciens pour initier la jeunesse à ce qu'elle ignore dans le domaine, par exemple de:

1.Spiritualité
2.de la tradition orale
3.des ateliers de création littéraires et orales
4.que l'on développe dès maintenant des services de gérontologie selon nos valeurs coutumières
5.l'intégration de la jeunesse et des Anciens dans toutes les
activités spirituelles, culturelles, éducatives et politique afin de permettre une réussite certaine dans le domaine de l'harmonie et du dynamisme communautaire
6.les mass média ,la radio, la production télédiffusée la aussi devrait enrichir le contact et la vie spirituelle et culturelle des Anciens avec les jeunes.

LES ARTISTES

C'est nos Nations qu'ils chantent, peignent ou expriment. C'est le coeur de nos Nations qu'ils font vibrer et ce sont les sentiments autochtones qu'ils expriment.

La vie de nos artistes autochtones s'améliore, il est vrai, mais cette amélioration est loin de leurs rendre la vie propice à l'éclosion de leurs talents et de leurs génies. Des exemptions fiscales seraient non un privilège mais une mesure méritées par ceux qui créent et chante la vie d'une Nation dans toutes les expressions de son visage ou de ses créations. C'est du sort fait à ses génies et à ses talents, qu'une Nations sera jugé devant l'histoire.

ONCLUSION

Nous concluons donc en disant que nous attendons beaucoup d'une politique culturelle autochtone et elle est en mesure d'attendre beaucoup de nous. Nous, le Chapitre de la Confédération des Centres éducatifs et culturels des Premières Nations au Québec, ne demandons pas à ce qu'on fasse pour nous , mais à ce que l'on nous donne les moyens de faire pour la protection , la préservation et la promotion notre patrimoine culturel.

Les Nations Autochtones au Québec, entendent demeurer des Nations créatrices afin qu'un jour, par nos cultures, tout notre population sera respecté par son patrimoine comme par son identité, et que tous les autochtones du Québec et du Canada sentent battre le coeur de la justice, de l'amour et de la liberté à travers le vrai, le beau, le bien, harmonieusement convoqués autour de l'unité de la Grande Confédération des Nations Autochtones et de celle des peuple de la terre.

La Nation Métis est consciente que la route sera longue et qu'il y a encore bien des domaines à développer. Mais l'essentiel est d'oeuvrer à l'intérieur de chacun de nous avec les responsables de nos communautés autochtones surtout nos Anciens, et le dialogue ne pourra pas manquer de grandir et de clarifier notre perception de l'identité culturelle de chacune de nos Nations, unient par l'esprit de la Grande Confédération des Nations Autochtones de l'Île de la Tortue.
Claude Aubin
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