A QUOI SERT DONC UNE NATION MÉTIS AU QUÉBEC ET AU CANADA

A QUOI SERT DONC UNE NATION MÉTIS AU QUÉBEC ET AU CANADA

Messagepar admin » Lun 3 Oct 2016 18:41

Depuis une trentaine d’années, avec l’institutionnalisation des droits Aborigènes au début des années 1980 suite au changement constitutionnels, Les Premières Nations les Métis et les Inuits sont entrées en crise identitaire. Cette idée peut a priori sembler paradoxale. L’acquisition de droits Aborigènes ne constitue-t-il pas une avancée considérable pour les peuples Aborigènes ?

Bien sûr, mais le statut de droits a profondément influencé notre rapport à nous-mêmes, aux autres et à l’État comme Métis , et a contraint nos projets collectifs à un cadre juridique plutôt restreint. Les droits aborigènes ont eu des effets secondaires majeurs.

La Nation Métis est entrée en crise parce qu’elle a oublié de se définir selon sa langue, son histoire et sa culture et de se considèrer comme une entité légaliste nationale qui peut légalement aspirer à des droits aborigènes qui ont été définis par la constitution Canadienne. Elle s' oblige à définir ses citoyens(nes) avec une généalogie parfois faussée et toujours faite par d'autres pour justifier qui est et qui n'est pas métissé par un lien sanguin sans toute fois être identifié et vivre en Métis . Mais pour être Métis, ceux qui le sont savent que c'est tout autre chose que d"être métissé de sang ou de satisfaire des exigences corporatives pour devenir des 'Métis corporatifs.

Les Métis nationalistes sont ceux qui base leur identité en liens avec leurs clans familiaux et leur continuité culturelle autochtone qu'ils vivent depuis longtemps. On ne devient pas Métis,on est Métis. On ne devient pas Métis au lendemain de la cause Powley ou de la cause Daniel pour bénéficier d' avantages en réclamant avoir une grand mère autochtone à quelque part dans sa ligné généalogique. Conséquament ces Métis corporatifs sont peut être métissés de sang mais ils sont loin d'être des autochtones ou des Métis.

Le vocable «Nation Métis » a donc progressivement été délaissé par nos organismes au profit de « peuples Aborigènes - autochtones hors réserves ou indien sans statut », faisant effectivement des Métis un groupe d’intérêt corporatif et constitutionnel au lieu d'une Nation Métis auprès des provinces et d’Ottawa, aspirant à une égalité à laquelle nous avons droit avec les Premières Nations et les Inuits.

Mais cette égalité autochtone n’a jamais été définie selon des bases sociales, politiques, culturelles et linguistiques strictement Métis comme l'ont fait les Premières Nations et les Inuits au lendemain du Dossier constitutionnel.

Ce groupe d'intérêt corporatif et constitutionel rendait ainsi le terme Métis comme un terme générique comme le mot indien pour permettre aux Halfbreed anglais ou Country born de l"ouest de s'y inclure comme groupe constitutionnel pour se faire reconnaitre empêchant ainsi les Métis de se définir de façon culturelle, sociale, politique, historique et linguistique dans toute leur distinction nationale Métis comme le font toutes les Premières Nations et les Inuits.

Nous ne savons pas s’il s’agit de travailler au sein du processus colonialisme canadien dans une définition promulgée par le Métis National Council avec une Nation Métis basée sur une définition territoriale légaliste mais acculturée et ou pour y être Métis il s'agit d'y habiter et d'y réclamer être son territoire d'appartenance ou chacun sait parler la langue anglaise de l’autre mais que personne ne parle plus sa langue d'origine, le Métis ; ou s’il s’agit de garantir un des droits aborigènes à chacun des Métis afin d’être capable d'être unilingue Métis si tel est son désir de Métis ?

Depuis devenue une association corporative de droits constitutionnels, ceux qui prétendent diriger la Nation Métis comme le fait et le dit le Métis National Council, ne se battent plus que pour les droits Aborigènes sans parler ou promouvoir leur langue Métis, sans débattre de ce qu’elle dit avec, des projets qu’elle sert à formuler. Comme si nous le peuple Métis n’avions plus d’autres ambitions collectives que d’être comme nos concitoyens des Premières Nations qui sot devenus des Indiens du gouvernement ou des canadiens et de tout faire cela dans un processus d'assimilation selon des principes de gestion corporative en utilisant la langue anglaise du colonialiste canadien.

C’est cela la base de la crise socio culturelle et linguistique des Nations Métis de l'ouest Canadien et des provinces de l'Atlantique: limiter nos projets collectifs à l’acquisition de droits constitutionnels sans réfléchir à quoi ils servent et ce que nous voulons en faire avec une fois qu’ils sont acquis. Si la Nation Métis ne se définie pas comme une Nation vivante avec ses distinctions historiques, socio politiques, culturelles et surtout linguitiques à quoi sert cette Nation Métis au juste? Aussi bien d'être Canadien et on en parle plus . La Nation Métis partout au Canada est en mangue de visions et de projets, de lieux où les formuler et d’institutions capables de les mener àa terme en Métis par des Métis avec le savoir Métis.

Il s’agit d’une crise bien plus profonde que le psychodrame corporatif désolant que nous livre présentement ceux qui aspirent à prendre le pouvoir de la Nation Métis au Québec ou en Saskatchewan ou ceux qui gère le Conseil National des Métis . Trois exemples parmi bien d’autres qui illustrent cette crise dont je parle, cette absence de vision quant à notre devenir identitaire nationaliste par l’éducation, notre langue et notre savoir faire.

L’éducation

L’école est sans contesté l’institution la plus importante dans toutes les Nations du Monde incluant celle en devenir pour les Métis, et notre dualité culturelle nous permet une certaine autonomie qui pourrait être présente dans l’élaboration d,un curriculum Métis . À ce titre, l’école est investie d’un double rôle: l’acquisition de connaissances de base et la construction identitaire, spécifique à l'usage de la langue Métis dan une école Métis . Impossible de faire cela en langue anglaise.

Le terme «construction identitaire» est aujourd’hui omniprésent dans le milieu pédagogique Métis et devrait faire l’objet d'une étude de l'application de la langue et de la culture Métis, une sorte d'étude sur la politique d’aménagement linguistique et culturel Métis, qui définirait le rôle de l’école et l'enseignement Métis par les Anciens, nos Sages, nos Sénateurs en matière de construction identitaire pour les prochains 10 ans.

Les dirigeants de la Nation Métis au Québec en appui avec certains dirigeants de la Nation Métis de la Saskatchewan proposent une réflexion de fond sur le contenu de cette identité Métis à construire. Pour cause la Nation Métis au Québec propose au Métis de l'ouest qui protègent jalousement leur mainmise sur la Nation Métis par leur principale institution nationale le Métis National Council sous la direction de Clément Chartier mais qui ne veulent pas avoir recours à leurs collègues sociologues, politologues, historiens, économistes, philosophes, littéraires pour réfléchir au contenu de notre histoire collective Métis au Canada pour bâtir ce système éducatif pour notre école collective Métis : quelle belle histoire, quelle belle culture, quelle belle capacité critique de transmettre à nos enfants Métis partout au Canada.

Le sabotage constant de la Nation Métis au Québec et celle de la Saskatchewan par le Métis National Council font rater une occasion de débattre collectivement notre histoire, notre culture, notre langue et nos enseignements, notre école commune. Groupe Aborigène corporatifs de droits constitutionnels, Le Métis National Council a tout misé sur la définition exclusive territoriale de ses droits Métis au détriment de l'application de ses mêmes droits en tant que Nation au même titre que les Premières Nations et les Inuits, évitant ainsi le débat historique, culturel et linguistique qui devrait permettre de mieux définir les Métis au Canada et de permettre une réconciliation interne en une seul Nation Métis .

Le Métis National Council par conséquent fait l’économie d’une discussion plus large sur l’enseignement d' un curriculum Métis en Métis dans des écoles publiques et dans des écoles Métis et l'utilisation de la langue Métis dans toutes ses institutions publiques partout au Canada. Faut s'assurer que ce plan d’aménagement linguistique et culturel ne concerne que les écoles francophones ou anglophones . Mais ou sont les Écoles Métis ? N’aurait-il pas été pertinent d’inclure les Métis du Québec à qui l’on reproche souvent d 'être des petits indiens ou des francophones et toujours ignorer notre langue et notre culture Métis que nous utilisons toujours?

Au Québec, leur construction identitaire Métis dans l'ouest canadien nous concerne, nous affecte nécessairement, mais dualité oblige, qu'ils ne peuvent pas se permettre d"ignorer tout contact formel avec les Métis du Québec sous prétexte que nous ne sommes pas inclus dans leurs organisations corporatives . C’est faire un malheureux usage de la dualité et c’est mal préparer le terrain d’une éventuelle égalité et la construction de la Nation Métis au Canada en une sorte de réconciliation.

Le territoire Métis

Les Métis occupent aussi un vaste territoire canadien . Qu’en faisons-nous? Une réforme d'occupation territoriale serait une occasion en or pour le Métis National Council de se réorganiser et d’acquérir des nouvelles compétences politiques partout au Canada.

Si le projet d’une province Métis tel qu'envisagée par Louis Riel à une certaine époque est improbable, rien n’empêche le Métis National Council d’innover sur le plan de son organisation politique et de viser une forme de pouvoir à l’échelle nationale en une Nation Métis . Malheureusement, le par ailleurs pertinent rapport sur la gouvernance du territoire de la Rivière rouge produit par le Métis National Council appelle à une réforme du territoire sans mentionner une seule fois le Québec et l 'est du Canada mais y inclus une Colombie Britannique unilingue anglaise.

Donc le mandat corporatif du Métis National Council n’est effectivement pas de proposer des projets pour la Nation Métis , mais de défendre les intérêts de ses membres de l'ouest Canadien de souche anglophone ou anglicisés . C’est une limite importante de la fragmentation sectorielle de notre société civile Métis et de croire que la Nation Métis n’est qu'un lobby.

En l’absence de vision globale, Le Métis National Council se perd dans des identités hyper-locales , provinciales et en territoires restreints sans un vrai pouvoir politique concerté: La Nation Métis est donc divisée, incapable de se penser comme une Nation avec un identité nationale cohérente. Le résultat est un étalement de locaux corporatifs et organisation de plusieurs Nations Métis provinciales plutôt que d'une seule Nation Métis Canadienne établie dans plusieurs provinces créant ainsi un sentiment d'appartenance colonialiste provinciale plutôt que celui d'une unité nationale Métis inclusive sans la dispersion des ressources et la division du peuple Métis partout au Canada.

Bien que toute ces Nations Métis Provinciales font parties d’une même et unique Nation Métis , elles se font concurrence en utilisant des législations provinciales plutôt que de coopérer sur un plan national Métis concerté . La Saskatchewan et maintenant l'Ontario en sont des exemples colonialistes à leur meilleur ou les métis sont gérés par des législations colonialistes provinciales.

À quoi sert la Nation Métis si elle ne peut pas offrir et vivre sa souveraineté dans une vision nationale cohérente et politique à ces citoyens partout au Canada ? Si elle ne sert pas à discuter des changements climatiques, de l’aménagement urbain, de l’utilisation des ressources naturelles, de l’agriculture de sa langue de sa culture de son histoire de son avenir politique de son éducation et de ses anciens ? Est-ce que la Nation Métis n’aspire plus désormais qu’à recevoir des services gouvernementaux plutôt que de se bâtir selon des principes d'auto détermination et de gouvernance ?

L’obsession des droits aborigènes et la limitation territoriale à involontairement fait oublier la totalité du peuple Métis et si nous ne donnons pas à la Nation Métis des projets plus substantiels que des projets sans la fierté Métis et de tout ce qui composent cette fierté en utilisant et promouvant sa langue et sa culture avec distinction, alors cette Nation Métis mourra à petit feu pour devenir une Nation corporative de services .

Peut-être que le Métis National Council n’a plus l’énergie d’élargir ses luttes et d’innover dans son projet d’autodétermination, c’est son droit, mais si c’est le cas, qu’elle ait le courage de se poser la question: à quoi ça sert donc la Nation Métis et a qui appartient cette Nation Métis d'un bout à l'autre du Canada?

Il est peut être temps de refondre toutes ces Nations Métis dans une grande et chaleureuse Nation Métis au Canada avec de nouveaux horizons basés sur une vision plus culturelle et linguistique plutôt que corporative avec une définition territoriale plus large et plus représentative que celle qui la limite qu'a l'exclusivité du territoire de la rivière rouge.

Avis a ceux qui veulent prendre la place ou remplacer ceux qui dirigent les Nations Métis au Canada. Les Métis au Québec par contre ce sont toujours considérés comme faisant parti de la Nation Métis au Québec plutôt que du Québec envisageant qu' il existe qu'une seule Nation Métis au Canada.
Claude Aubin
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