PREAMBULE DÉCLARATION PATRIMOINE CULTUREL ET SACRÉ ABENAKI

PREAMBULE DÉCLARATION PATRIMOINE CULTUREL ET SACRÉ ABENAKI

Messagepar admin » Dim 10 Mars 2013 18:36

LA NATION DES ABÉNAKI
ODANAK

PATRIMOINE CULTUREL ET SACRÉ ABÉNAKI


NOTRE PERSPECTIVE DU PATRIMOINE AUTOCHTONE

Depuis l'arrivé des Européens en Amérique du Nord, le patrimoine national des Abénaki a été défini et redéfini dans le contex­te territorial d'une histoire écrite par les non-autochto­nes. Aux cours des années, les Gouvernements ont identi­fié et mis sur pied des pro­grammes culturels nécessaires à la préservation des langues et des cultures, des sites archéologiques et des artefacts autochtones, basés sur une perspective euro-canadienne.

La préser­vation et la promotion du patrimoine autoch­tone a toujours été principalement orienté vers les ossements humains, les cimetiè­res sacrés ou les pictogrammes.

La plupart des Nations autochtones ont été ignorée et gardée à l'extérieure du cercle des communautés archéologique, archivisti­que et muséologique. Les noms d'endroits ont été jusqu'à un certain degré déformés et intégrés, au fil des ans, à la topony­mie du Québec et du Vermont.

Plusieurs en­droits identifiés dans la langue Abénaki avant l'arrivée des européens, sites reliés directement à notre mytholo­gie ou à nos ressources économiques, ont été ignorés selon notre occupation territoriale et selon notre juridiction originaire du gouvernement Abénaki.

CONCEPT ABÉNAKI DU PATRIMOINE CULTUREL ET SACRÉ

En tant que Nation autochtone, nous les Abénaki désirons promou­voir notre patrimoine dans un sens beaucoup plus large. L'usage de toponymes Abénaki est un des moyens qui nous permettra d'attein­dre ce but. Pour la population Abénaki, le nom donné à chacun de nos sites sur notre territoire ancestral est tiré à même nos valeurs et nos croyances tradition­nelles. Ces sites sont nommés d'après certains événements spéciaux et désignent des villages, postes de trocs, sentiers de portage, lac et rivières et aussi certains emplacements à caractère spirituel désignés à partir de notre mythologie.

A notre connaissance, les gouvernements n'ont pas encore mis en oeuvre de plan national ou provincial qui permettrait aux Premières Nations concernés, d'identifier les priorités de leur Nation en ce qui a trait au patri­moine culturel et sacré, archéologi­que et muséologi­que, par les Nations concernés.

IDENTIFICATION DES PRIORITÉS

La Nation des Abénaki s'intéresse à son patrimoine cultu­rel et sacré sur le plan matériel et spirituel, archéo­logique et muséolo­gique et désire participer directe­ment à son épanouisse­ment.

Lorsque les ministères fédéraux et provinciaux établissent leurs politiques de préservation du patrimoine culturel Abénaki, il est inté­ressant de noter qu'il y a trois groupes majeurs qui peuvent faire la demande d'un permis de fouille archéologique sur des bases d'intérêts et de priorités différentes à un concept Abénaki.

Premièrement il y a les archéologues qui sont à la poursuite de leur carrière académique à partir d'universités ou de ministères fédéraux et provinciaux. Ceux-ci reconstituent les sites à l'intérieur des limites de leurs connaissances sur l'archéologie et qui en principe et de façon technique essaient d'effectuer le travail de recherche sur les sites par une analyse détaillée de reconstitution. Bien souvent ce travail est accom­plie par des étudiants en archéologie. Les priorités dans la plupart de ces cas sont dictés par des concepts strictement académiques, sans la supervision directe des Nations autochtones concernés dans un contexte spirituel.

Deuxièmement il y a les consultants en archéologie qui travail­lent sur des projets de récupérations qui ont été identifiés par les compagnies immobilières ou multinationales parce qu'elles ont, par hasard, découvert un site archéologique pendant l'aména­ge­ment ou l'excavation d'un terrain. Naturellement, les sites découverts dans ces circonstances finissent toujours par devenir une priorité en vertu du fait qu'ils se retrouvent sur des projets de développe­ment industriel.

Troisièmement, il y a les gouvernements des nations autochtones et des Inuit, qui ont établis leur propres priorités dans le dévelop­pement de leur ressources archéologiques, muséologi­ques et archivistiques. La Nation Abénaki désire faire usage de ses ressources archéologi­ques et archivistiques non seulement pour ses besoins en revendications territoriales mais aussi pour permettre la mise sur pied d'institutions culturels contrôlés par la Nation et qui permettront d'identifier à court et à long termes, ses priorités en matière de recherche et d'interpréta­tion.

La Nation des Abénaki est convaincu qu'elle a sa place dans le processus de direction et d'orientation des activités de gestions de ses ressour­ces, reliées à son patrimoine culturel, sur l'ensem­ble de son territoire ancestral.

La Nation des Abénaki croit sincèrement que les gouvernements doivent mettre sur pied des tables de concertation et de négocia­tion, qui agiront en tant que régulateur d'activités.

La Nation des Abénaki désire être consultée et participé au choix des priorités de recherches, de fouilles ou de tout autres projets reliés au patrimoine culturel et sacré Abénaki sur l'ensemble de son territoire ancestral, plutôt que sur ses réserves, selon la définition de la loi sur les Indiens, puisque la Nation des Abénaki occupait, avant la venue des Européens, un terri­toire beaucoup plus vaste que la partie qui lui a été réservé pour son usage exclusif.

La Nation des Abénaki réclame, de par sa souveraineté, sa juridic­tion originaire et sa propriété sur les biens culturels qui ont été dépouil­lés de son territoire ancestral. Selon la convention de L.U.N­.E.S.C.O., la Nation des Abénaki a le droit d'exercer un contrôle sur la gestion de sa pro­priété culturelle qu'elle consi­dère importante. Depuis plusieurs siècles, notre terri­toire ancestral a été dépouillé d'artefacts et plusieurs de nos objets se sont retrouvé dans des collec­tions provinciales, fédérales et privées.

Les gouvernements devront donc éventuellement partager, dans un système de cogestion, toutes leurs responsa­bilités administrati­ves envers le patrimoine Abénaki, avec la Nation Abénaki, en appuyant leur volonté de reprendre le contrô­le de leurs ressources nécessai­res à l'identi­fication du patri­moine culturel Abénaki.

La Nation des Abénaki n'a pas pour l'instant les moyens physiques et techniques pour collectionner, préserver et entrepo­ser le matériel.

Dans ce cas, il est nécessaire que les person­nes responsables de la cueillette d'artefacts, s'assurent que les objets désignés qui ont été recueillis sur notre territoire ancestral soient déposés temporaire­ment dans des institutions compétentes, au nom de la Nation Abénaki, jusqu'à ce que la Nation puisse en prendre la responsabi­lité ultérieurement.

Cette mesure permettrait à la Nation Abénaki d'avoir accès à sa propre collection et pourrait servir de base justifi­cative pour le développement de son centre d'interprétation et de son centre culturel.

L'IMPORTANCE DU PATRIMOINE CULTUREL ET SACRÉ

La position fondamentale de la Nation des Abénaki en ce qui touche son patrimoine est que tous les objets disponibles à l'intérieur comme à l'extérieur de son territoire ancestral devront être identifiés et officiellement désignés comme étant des biens culturels qui appar­tiennent, de droit, à la Nation Abénaki, dans un but éventuel de rapatriement et de gestion de son propre patrimoi­ne.

La Nation des Abénaki réalise par contre qu'elle devra résoudre le problème de son propre contrôle sur son patrimoine, en passant par plu­sieurs étapes et procédures de développement de politiques internes ainsi que légales, à travers les diffé­rents paliers des agences gouverne­mentales, sur une période lui permettant d'effec­tuer l'apprentis­sage nécessaire à la gestion de ses biens cultu­rels.

Dans l'intermédiaire, la Nation des Abénaki procède avec prudence et désire tra­vailler en coopération étroite avec les différents ministères des gouverne­ments fédéral et provincial, ainsi qu'avec les municipa­lités établies sur son territoire ancestral.

L'IMPORTANCE DU PATRIMOINE ARCHÉOLOGIQUE

Le patrimoine en général donne à toute Nation, une vitalité et un caractère qui mérite une attention spéciale. Nous croyons que les gouvernements doivent accroître leurs encourage­ments dans le domaine de la préservation et de la gestion du patrimoine Abénaki par des Abénaki.

NIVEAU DE PROTECTION

La Nation des Abénaki reconnaît le besoin de définir des critères qui détermineront le niveau de protection pour ses sites particu­liers et ses artefacts. Elle devra éventuellement identi­fier elle même quels seront les sites qui ont une significa­tion culturelle ou spirituelle pour la Nation, mais qui pourraient être d'une signifi­cation moindre pour les scientifi­ques. Ces sites devront quand même bénéfi­cier de notre attention.

Nous croyons qu'une attention particulière devrait être porté par les gouvernements à la protection de nos sites situés sur l'ensem­ble de notre territoire ancestral, ou dans des en­droits considé­rés comme lieux sacrés.

COMMENT IDENTIFIERONS-NOUS LES RESSOURCES ARCHÉOLOGIQUES

La Nation des Abénaki désire mettre sur pied une table de concerta­tion formée d'experts, qui démontreront leurs expertises et un intérêt pour le patrimoine culturel de la Nation Abénaki, ainsi que des représentants de la Nation Abénaki. Tout les experts pourront être des ressor­tissants des différents organis­mes ou Ministères gouverne­mentaux qui peuvent offrir leurs services.

Cette table de concertation permettra à la Nation des Abénaki d'éviter le dédoublement d'activi­tés, de concerter et concentrer ses efforts dans la direction désirée par la Nation.

PERMIS DE FOUILLES

La Nation des Abénaki accepte la remise de permis de fouil­les sur son territoire ancestral, en autant qu'elle est directe­ment impliquée et qu'elle peut en exercer le contrôle. La Nation est très préoccupée par le maintien d'une éthique professionnelle de la part des cher­cheurs, et maintient ses droits exclusifs d'apparte­nance sur tout objets qui pourraient être retrouvés sur son territoire ances­tral.

Ainsi, la Nation des Abénaki ne peut accepter l'émission de permis de fouilles qu'à ceux qui en auront fait la demande directement au Conseil des communautés de la Nation des Abénaki, et qui accepte­ront de placer en fiducie en notre nom, tous les artefacts retrouvés sur notre territoire ancestral.

Nous croyons donc qu'il est très important que les gouvernements respectent la décision de la Nation des Abénaki de s'im­pliquer directe­ment dans la gestion de son patrimoine culturel et sacré.

L'APPLICATION DE LA RÉGLEMENTATION

La sensibilisation ainsi que l'éducation du grand publique permettra à court et à long terme, de faire apprécier le patri­moine culturel de la Nation des Abénaki et engendrera le respect des objets retrouvés sur notre terre ancestrale. Le publique, par l'entremise d'une campagne de sensibilisation, sera mieux informé sur les dispositions visant à assurer la protection du patrimoine Abénaki.

En autre, toute les activités de fouilles devront être dirigées à partir d'un système de contrôles centralisé au Grand Conseil de la Nation des Abénaki.

OSSEMENTS HUMAINS

La Nation des Abénaki ne s'oppose pas à l'étude scienti­fi­que des osse­ments de ses ancêtres, en autant qu'elle reçoive l'approbation des Anciens et que les ossements soient retour­nés au même endroit d'où ils furent exhumé, lorsque les études sont terminées. En aucune circons­tance la Nation des Abénaki n'acceptera que des ossements humains soient exposés dans des endroits publiques quels qu'ils soient.

DROIT DE PROPRIÉTÉ ET D'ACCÈS

La Nation des Abénaki désire exercer son droit de pro­priété et de contrôle sur son patrimoine culturel et sacré sur tout l'étendue de son territoire ancestral.

De plus, nous aime­rions souligner que les gouvernements concernés se doivent de respecter le droit à la reconnais­sance nationale de la Nation des Abénaki, et la considérer comme étant une entité autonome, capable de gérer la totalité de ses biens culturels à l'intérieur de son ter­ritoire ancestral.

Il est donc devenu évident que la Nation des Abénaki réclame son droit de propriété sur tous les artefacts Abénaki soutirés de son territoire ancestral et présente­ment déposés dans plusieurs institutions au Canada et d'en d'autres pays.

Les gouvernements devraient, en consultation avec la Nation des Abénaki, établir des mécanisme de transfert de droit de propriété de tous les objets retrouvés sur le terri­toire ances­tral Abénaki ­et fournir en compensation à la Nation des Abénaki les ressources néces­saires à leur préserva­tion et leur énumération.

La protection du patrimoine culturel de la Nation des Abénaki sera efficace seulement si les gouvernements reconnaissent que les Abénaki font parti intégrale d'un plan globale d'amé­nagement des ressources patrimoniales.

Il est donc nécessaire que les gouvernements acceptent que la Nation des Abénaki devienne de plus en plus active dans les proces­sus décisionnels et dans l'application des politiques reliées à son patrimoine culturel et lui facilite l'accès aux ressources disponibles en introduisant une série de programmes d'initiation qui implique­rait directement la population Abénaki dans la cueillette, la gestion, l'inter­prétation,la préserva­tion et l'inventaire du patrimoine culturel et sacré Abénaki.

Afin de permettre au gouvernement de mieux saisir l'importance et l'intérêt que nous attachons à notre patrimoine culturel, et le rôle que nous désirons jouer dans le processus de gestion des biens culturels de notre Nation, La Nation des Abénaki s'est doté d'une déclaration sur le Patrimoine culturel et sacré dont le but ultime est de sauvegarder et protéger son patrimoine culturel et sacré sur l'ensemble de son territoire ancestral.
Claude Aubin
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